Tan-Tan – Les entreprises de presse des trois régions du Sahara ont organisé une grève nationale de publication les 1er, 2 et 3 mai 2026, en signe de protestation contre ce qu’elles ont qualifié de marginalisation de leurs revendications professionnelles et sociales.
Cette mobilisation, inédite dans le paysage des médias électroniques indépendants, a mis en lumière l’ampleur des difficultés auxquelles a été confrontée la presse régionale, dans un contexte marqué par la précarité économique et sociale et l’incapacité de nombreux journalistes à garantir des conditions de vie décentes ou à consolider la pérennité de leurs jeunes entreprises.
Selon des sources professionnelles, malgré leur contribution majeure au paysage médiatique national, les entreprises de presse régionales ont souffert d’un manque de soutien public effectif et de politiques équitables, accentuant ainsi leur fragilité. Les incertitudes entourant l’avenir du secteur, notamment les informations évoquant une éventuelle suppression du soutien public, ont davantage aggravé la situation, alors même que ces entreprises faisaient face à un cumul de dettes, d’engagements contractuels et de charges sociales impayées.
Par ailleurs, cette action a révélé la situation sociale préoccupante des journalistes, dont un grand nombre a exercé sans couverture sociale ni assurance maladie, dans un contexte de crises successives, traduisant la vulnérabilité d’un secteur pourtant essentiel à l’information, à l’éducation et à la diplomatie médiatique.
La grève a également mis en exergue l’exclusion des petites et moyennes entreprises de presse des campagnes de communication et de publicité liées à plusieurs programmes nationaux et événements majeurs, ainsi que ce qui a été perçu comme une concentration des ressources publicitaires, y compris celles associées à des manifestations d’envergure officielle.
Sur le plan de l’autorégulation, des observateurs ont relevé une situation de blocage, marquée par des critiques quant à l’incapacité des instances concernées à accompagner les professionnels et à renforcer leur résilience.
En définitive, cette mobilisation a soulevé des interrogations fondamentales quant à l’avenir de la presse régionale au Maroc et à la capacité des acteurs concernés à garantir les conditions de sa pérennité et de sa compétitivité. Elle a, par ailleurs, ravivé les appels à l’instauration de mécanismes transparents et équitables de répartition du soutien public et des ressources publicitaires, afin de préserver le rôle de la presse au service de l’intérêt général.

